Franceinfo s’excuse et retire une séquence « inappropriée » sur Gaza

Franceinfo s’excuse et retire une séquence « inappropriée » sur Gaza

televisionDe son côté, le syndicat SNJ de France Télévisions a jugé « d’intolérable » cette séquence de « L’heure américaine » conviant un professionnel du tourisme pour parler de la bande de Gaza
Clio Weickert

C.W.

«On aurait pu croire à une parodie, de mauvais goût, mais non. » Dans un communiqué publié jeudi, le syndicat SNJ de France Télévisions a qualifié « d’inexcusable » une séquence diffusée mercredi sur Franceinfo, lors de l’émission « L’heure américaine », en deuxième partie de soirée.

Le journaliste Julien Benedetto, souhaitant « laisser la politique de côté pour un instant », rapporte Le Monde, a convié Franck Delvau, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie d’Île-de-France (Umih), afin de discuter de la proposition de Donald Trump de faire de la bande de Gaza une « nouvelle Côte d’Azur ». Des propos qui avaient très vite provoqué un tollé à l’international.

« Gaza, Côte d’Azur : Et si c’était possible ? », pouvait-on ainsi lire à l’écran sur le bandeau, précise Puremédias. Après avoir suscité de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, le sujet a depuis été supprimé.

« C’est inexcusable, intolérable »

« Une séquence proposant un traitement totalement inapproprié et regrettable a été diffusée hier », a ainsi expliqué Franceinfo dans un message posté sur X, ajoutant « déploré ce moment ».

« L’heure américaine a été transformée en horreur américaine… », a estimé de son côté le SNJ de France Télévisions. « Non, on ne rêve pas, le présentateur lui demande "Gaza en Riviera, est-ce que ça a du sens pour le professionnel du tourisme que vous êtes ?" Et d’ajouter, "la bande de Gaza a des atouts, on l’a déjà dit". On a de la peine à y croire, surtout lorsque l’invité explique qu’il faut un bon niveau de sécurité pour cela et évoque la grève des poubelles à Paris qui avait provoqué des annulations », peut-on lire dans le communiqué.

Le syndicat ajoute : « Nous sommes ici au-delà du réel et à mille lieues du journalisme. Dire que ce serait une erreur serait déjà un début d’excuse, alors que c’est inexcusable, intolérable. […] A force de vouloir faire du remplissage par des débats, faute de moyens, on en arrive à parler de tout n’importe comment. »

Selon Le Monde, des « suites disciplinaires à donner à cette faute » seraient en cours de réflexion chez France Télévisions.