Comment « Memories » est devenu un triple film culte

« Memories » : Comment Morimoto, Okamura et Otomo ont signé un film culte sur le souvenir

ANIMELes trois contes fantastiques sortis pour la première fois en 1995 sous le titre « Memories » ressortent ce mercredi en salle en version restaurée
Caroline Vié

Caroline Vié

L'essentiel

  • «Memories » offre trois variations sur la notion de souvenir.
  • Koji Morimoto, Tensai Okamura et Katsuhiro Otomo en ont signé chacun un segment.
  • Ce film, sorti pour la première fois en 1995, revient en sale dans une magnifique version restaurée.

Trois films, trois ambiances ! Memories est une anthologie de courts-métrages signés Koji Morimoto, Tensai Okamura et Katsuhiro Otomo. Sorti en France pour la première fois en 1997, ce petit bijou offre un trio de variations sur les souvenirs par trois maîtres de l’animation japonaise.

« Revoir ces films restaurés sur grand écran est une claque équivalente à celle qu’ont reçue les spectateurs redécouvrant Akira en salle en 2020 », confie à 20 Minutes, Matthieu Pinon, coauteur d’Un siècle d’animation japonaise et Histoire(s) du Manga moderne, deux ouvrages érudits parus aux éditions Ynnis. La qualité de la copie restaurée par le distributeur fan de films d’anime Eurozoom rend justice à des œuvres dans lesquelles on identifie les styles très différents de leurs auteurs.

Une bonne initiation à l"animation japonaise

« Memories est non seulement une superbe anthologie mais on peut considérer le film comme une bonne initiation à l’animation japonaise tant il révèle sa diversité. Chaque segment possède un charme qui lui est propre, » insiste Matthieu Pinon. Dans Magnetic Rose de Koji Morimoto, les personnages revivent des souvenirs malheureux sur un vaisseau perdu dans l’espace. Stink Bomb de Tensai Okamura (Blue Exorcist) suit un jeune scientifique vivant une expérience aux conséquences dramatiques. Canon Fodder de Katsuhiro Otomo (Akira) est une fable guerrière sur les habitants d’une ville entretenant des canons pour détruire un ennemi mystérieux. « Les trois histoires évoquent la notion de souvenir, précise Matthieu Pinon. La première est une épopée spatiale, la deuxième montre ce qui se passe quand on n’a pas de souvenirs et la troisième est un plan-séquence très ambitieux qui devrait laisser les cinéphiles bouche bée. »

Ce dernier segment (notre préféré) pourra dérouter par son côté expérimental. « Il y en a vraiment pour tous les goûts dans Memories : cinéphiles acharnés comme public néophytes, martèle Matthieu Pinon. Les films sont d’autant plus remarquables qu’ils ont été tournés de façon artisanale, avant l’avènement des images de synthèse. » Ce sont donc de beaux morceaux d’Histoire du cinéma que propose de redécouvrir Memories dont chaque court-métrage (d’une durée variant entre 20 et 40 minutes) reste longtemps en mémoire. Du grand cinéma d’animation ? Certes oui, mais aussi du grand cinéma tout court !