Famille, l’école et Internet… Que dit le dernier rapport sur les racines du sexisme ?
récap'•Le Haut Conseil à l’Egalité a publié ce lundi son rapport annuel nommé « s’attaquer aux racines du sexisme » qui dresse un état des lieux du sexisme en France20 Minutes avec AFP
«Le sexisme commence à la maison, continue à l’école et explose en ligne », déclare la présidente du Haut Conseil à l’Egalité (HEC), Sylvie Pierre-Brossolette. A quelques jours de la première Journée nationale contre le sexisme, jeudi, annoncée l’année dernière par le président Emmanuel Macron, l’instance indépendante chargée de conseiller le gouvernement publie lundi son rapport annuel, intitulé S’attaquer aux racines du sexisme. 20 Minutes fait le point.
Que nous apprend le rapport « s’attaquer aux racines du sexisme » ?
Neuf femmes sur dix déclarent avoir personnellement subi une situation sexiste, selon une enquête réalisée en novembre 2023 pour le HCE auprès d’un échantillon représentatif de 3.500 personnes de 15 ans et plus. Pour le HCE, les stéréotypes persistent parce que le « virus du sexisme » est « inoculé dès le plus jeune âge dans les trois incubateurs les plus puissants de la société : la famille, l’école et le numérique ». Ainsi, 74 % des femmes n’ont jamais envisagé de carrière scientifiques ou techniques », affirme Sylvie Pierre-Brossolette. « Les vidéos pornographiques diffusent des contenus misogynes d’une rare violence que deux tiers des hommes de 25-34 ans disent imiter dans leurs relations sexuelles », poursuit-elle.
Selon le HCE, les violences sexuelles restent à un niveau « alarmant » : 37 % des femmes interrogées disent avoir subi au moins une « situation de non-consentement » (et même la moitié des 25-34 ans).
A noter également que les jeunes gens sont parfois plus sexistes que leurs aînés. Ainsi 28 % des hommes de 25-34 ans pensent que « les hommes sont davantage faits pour être patrons », bien plus que les hommes d’autres classes d’âge (9 % des 50-64 ans). 59 % des 25-34 ans pensent qu’il n’est « plus possible de séduire une fille sans être vu comme sexiste » ou 52 % qu’on « s’acharne sur les hommes ».
Et il est bon de savoir que seulement 3 % des hommes interrogés ont reçu dans leur enfance des poupées et 4 % des femmes des jouets voiture.
Quelles sont les réactions ?
« Plus l’engagement en faveur de femmes s’exprime dans le débat public, plus la résistance s’organise. Les réflexes masculinistes et comportements machistes s’ancrent en particulier chez les jeunes hommes adultes, pendant que l’assignation des femmes à la sphère domestique regagne du terrain », déplore le HCE. Le HCE s’inquiète ainsi des tendances #TradWife (femme traditionnelle) et #StayAtHomeGirlfriend (copine au foyer) sur TikTok où des vidéos montrent le quotidien, dans des intérieurs impeccables, de jeunes femmes sans travail et sans enfant, dévouées à leur copain. Pour le HCE, les stéréotypes persistent parce que le « virus du sexisme » est « inoculé dès le plus jeune âge dans les trois incubateurs les plus puissants de la société : la famille, l’école et le numérique ». « Cela rend la lutte contre le sexisme encore plus nécessaire et urgente. On ne peut lutter contre les violences sans s’attaquer aux racines du mal, sinon c’est le tonneau des Danaïdes », affirme Sylvie Pierre-Brossolette.
Toute l'actu sur la lutte pour l'égalitéQue préconise le Haut conseil à l’égalité ?
Le HCE préconise de « réguler l’espace numérique ». Il recommande de contraindre par la loi les plateformes à auto-évaluer, sous l’égide de l’Arcom, le degré de stéréotypes et de sexisme de leurs contenus les plus vus, sur le modèle des chaînes de télévision. Une proposition qu’avaient acceptée en principe les patrons français de Meta et Google. Le HCE recommande aussi d’inciter juges et citoyens à s’approprier le délit du sexisme, qui existe dans les textes, mais qu’il recommande de simplifier. Plusieurs événements seront organisés jeudi par les féministes à l’occasion de la première journée nationale du sexisme : un « Sexisme TV show », parodie de chaîne télévisée du collectif Ensemble contre le sexisme notamment, ou un spot du HCE pour « faire du sexisme une histoire ancienne ».
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