POLITIQUEPrésidentielle: Jean-Luc Mélenchon fait salle comble à Villeurbanne

Présidentielle: Jean-Luc Mélenchon fait salle comble à Villeurbanne

POLITIQUELe candidat du Front de gauche a réuni plus de 10.000 personnes...
Matthieu Goar

Matthieu Goar

De notre envoyé spécial à Villeurbanne

Ils n’en attendaient que 7.000 au maximum. Mais les membres de l’équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon ont dû pousser les stands militants pour accueillir plus de 10.000 personnes, réparties dans deux salles de Villeurbanne. Dans le public, des militants et des sympathisants venus de Lyon, de Grenoble, du sud de la France en car, des travailleurs en lutte, les Péchiney, les Lejaby, les Arkema, qu’avait visité l’ancien membre du PS dans l’après-midi.

Tous venus voir le candidat du Front de gauche. Comme d’habitude, lui s’en défend. «Nous ne sommes pas rassemblés sur le nom d’une personne mais pour une cause. Nous ne crions pas des noms propres dans nos meetings mais des idées politiques», lance Mélenchon, avant de brandir le dernier rapport du CSA. «Depuis le mois de janvier, 70% du temps d’antenne a été accaparé par le PS et le l’UMP. Ne comptez que sur vous-mêmes. Et écoutez-moi, je vous transmets des arguments qui vous serviront. Le premier média du peuple, c’est le peuple lui-même», explique le candidat du Front de gauche, qui espère créer une dynamique par la base, assurer la «conjonction entre les luttes syndicales et politiques». Et ses meetings font le plein. Au mois de janvier, il a réuni 4.500 personnes à Besançon («Personne n’avait rempli le Palais des sports de cette ville, même le Vieux», glisse Mélenchon en faisant référence à Mitterrand). Mercredi soir, il fera encore un meeting à Montpellier. Jeudi, un autre au Blanc-Mesnil.

«La lutte contre la précarité a toujours été le but de l’humanité»

Mais mardi soir, à Villeurbanne, entre deux bonnes blagues sur le PS («J’ai demandé au traducteur en langue des signes ce que voulait dire le signe de ralliement pour Hollande, il m’a dit: “radio du thorax”… Faisons-là, la radio, car dans le thorax, le cœur est à gauche»), Mélenchon est venu parler précarité. «Entre le faible et le fort, c’est la loi qui protège et la liberté qui opprime», déclare le candidat, qui s’engage à titulariser les 850.000 travailleurs précaires de la fonction publique et à appliquer le décret de réquisition des logements vides. «La peur du lendemain s’est abattu sur notre pauvre pays. Et la peur du lendemain, c’est ça la précarité. Alors que la lutte contre la précarité a toujours été le but de l’humanité.»

En fil rouge de son discours, Mélenchon tape sur Marine Le Pen, l’un des combats de sa campagne. «80% des précaires sont des jeunes et des femmes. Le but de la plupart des femmes, c’est d’être maîtresses de leur destin alors que Marine Le Pen ne leur souhaite comme destin que d’engendrer», s’emporte le représentant du Front de gauche, qui met en garde l’électorat des salariés. «Pendant les manifestations des retraites, vous avec vos drapeaux de syndicalistes, elle vous avait traités d’émeutiers. Dites-le à vos camarades.» Plus tôt dans la journée, le quotidien Le Monde avait titré en une «Le Pen/Mélenchon, la guerre des populismes». «C’est bien des titres comme ça. C’est tellement insultant. Ça radicalise les consciences, comme en 2005», avait confié plus tôt dans la journée Mélenchon. 2005, l’année du non au référendum européen que personne n’attendait.