A400M: Paris et Airbus mettent en garde contre les «conclusions hâtives» après le crash
MONDE•Les boîtes noires ont été retrouvées dimanche matin...M.P. avec AFP
Après de multiples déboires, le crash de l’avion militaire A400M samedi en Espagne, pourrait être un coup dur pour l’appareil et le groupe. Alors que les boîtes noires, qui pourraient s'avérer décisives pour déterminer la cause du crash, ont été retrouvées dimanche matin, plusieurs pays ont d’ores et déjà décidé de clouer pour le moment leurs appareils au sol. Mais les ministres de la Défense français et espagnol ont affiché leur soutien au groupe Airbus, en appelant à «ne pas tirer des conclusions hâtives».
Crash d'un Airbus A400M: Ce que l'on sait sur l'accident
«La France dispose aujourd'hui de six A400M qui ont cumulé plus de 1.700 heures de vol de manière extrêmement performante. C'est un appareil de très grande qualité», a souligné Jean-Yves Le Drian devant la presse, à l'issue d'une rencontre à Lorient (ouest) avec ses homologues allemand, espagnol et polonais.
Attention à la «critique facile»
L'Allemagne, la Grande-Bretagne et la Turquie ont immobilisé leurs A400M depuis l'accident mais la France a décidé de limiter simplement ses vols, maintenant ceux jugés «prioritaires en opérations».
L'entreprise Airbus «représente l'industrie militaire européenne, il est donc essentiel que nous montrions notre soutien et notre appui aux efforts qu'elle mène pour tirer cet incident au clair», a insisté le ministre espagnol, Pedro Morenés.
«On ne saurait bâcler une enquête d'une telle importance, elle prendra le temps qu'il faudra », a ajouté l’Espagnol, jugeant «extrêmement important de ne pas arriver à des conclusions hatives». «Il ne faut pas tomber dans la critique facile d'une entreprise qui s'est montrée jusqu'ici extrêmement dynamique, un formidable concurrent dans son domaine», a-t-il insisté.
Un «bjoux technologique»?
Pour des raisons encore inexpliquées, un A400M s'est écrasé samedi lors d'un vol d'essai près de Séville, dans le sud de l'Espagne, faisant quatre morts et deux blessés graves. C'est le premier accident mortel de ce nouvel avion de transport militaire européen fabriqué à Séville.
Le crash de samedi représent un nouveau coup dur pour le programme A400M, «bijou technologique» selon Jean-Yves Le Drian, mais qui a accumulé d’énormes retards et surcoûts, et a des difficultés à respecter ses délais de livraison.